ASTM News

08
Avr

Défendre les défenseurs des droits humains, aussi en temps de crise sanitaire

L’ASTM appelle à la protection des défenseur·e·s des droits humains, particulièrement exposés en temps de crise sanitaire

Alors que de nombreux gouvernements sont en train de mettre en place des mesures exceptionnelles pour lutter contre le virus COVID-19, Action Solidarité Tiers Monde (ASTM) constate, à travers les expériences de certains partenaires et réseaux dans les pays du Sud, l’utilisation abusive de la crise sanitaire pour restreindre l’action de la société civile et des défenseur·e·s des droits humains (DDH) en particulier.

Dans la plupart des pays dont les partenaires de l’ASTM sont issus, les DDH travaillaient déjà dans des contextes à risque et d’insécurité avant l’apparition de la pandémie. L’imposition de restrictions abusives dans le cadre des états d’urgence est susceptible d’aggraver leur situation. Afin que les DDH puissent poursuivre leur travail de promotion et de protection des droits en toute sécurité – un travail plus que jamais nécessaire en temps de crise – l’ASTM a élaboré une série de recommandations à l’intention du gouvernement luxembourgeois.

Utilisation abusive des mesures d’urgence

Si la restriction de certaines libertés fondamentales semble temporairement nécessaire pour lutter contre la propagation du virus, il est indispensable de veiller à ce qu’elle ne soit pas utilisée de manière disproportionnée et abusive par les autorités pour attaquer le travail essentiel des DDH.

Au Salvador, par exemple, la Fondation FESPAD, partenaire de l’ASTM, a introduit un recours en justice contre le récent décret exécutif du Président instaurant un régime spécial temporaire pour faire face à la pandémie COVID-19. À titre d’exemple, le décret tente d’annuler les pouvoirs du Bureau du médiateur des droits de l’homme, une institution qui est chargée d’observer la réalisation des droits par l’État. Suite aux actions des organisations de défense des droits humains salvadoriennes contre le décret, elles ont été accusées par le Président Nayib Bukele de « travailler pour qu’il y ait plus de morts au Salvador ».

Aux Philippines, le réseau de droits humains Karapatan, avec lequel l’ASTM collabore, dénonce la promulgation de mesures d’urgence qui donnent des pouvoirs sans précédent au Président Rodrigo Duterte. Elles permettent entre autres au président de définir arbitrairement et de pénaliser ce qu’il considère comme « fake news ». Les « coupables » risquent jusqu’à deux mois de prison et une amende de 1 million de pesos (environ 18 000 euros). Cette mesure autorise de facto le président à restreindre la liberté d’expression et ceci dans un pays où la société civile et les DDH en particulier font déjà l’objet d’attaques systématiques et croissantes de la part des autorités.

Garantir les droits des populations vulnérables

Le travail des DDH est d’autant plus important en ce temps de crise sanitaire pour s’assurer que l’ensemble de la population, y compris les personnes les plus vulnérables, ait accès aux services et soins adéquats.

En Équateur, l’un des pays les plus touchés par la pandémie en Amérique latine, le partenaire de l’ASTM, Acción Ecológica, se mobilise pour l’adoption de mesures spécifiques afin de protéger les populations indigènes du virus COVID-19. Ces populations, ainsi que les communautés rurales, sont particulièrement vulnérables au fléau de la pandémie en raison des conditions d’inégalités, d’exclusion et de discrimination existantes dans l’accès général aux biens et services de la société ainsi que des conditions d’isolement géographique de leurs territoires.

Au Honduras, où la violence à l’égard des femmes et des filles est monnaie courante, le partenaire Centro de Derechos de Mujeres (Centre des droits des femmes) surveille l’impact du confinement sur la violence domestique et émet des recommandations pour protéger les femmes à risque.

En Inde, nos partenaires se mobilisent pour aider des populations particulièrement vulnérables tels que les travailleurs de carrière, les personnes âgées et les ramasseurs de déchets. Des organisations de défense de droits humains indiennes réclament également l’adoption de mesures pour les travailleurs migrants qui se retrouvent dans une situation d’extrême précarité.

Défendre les défenseurs : recommandations au gouvernement luxembourgeois

Avant la crise sanitaire de COVID-19, des organisations de la société civile avec lesquelles l’ASTM travaille dans les pays du Sud faisaient déjà l’objet de différentes formes de harcèlement et de violences. Par exemple, en novembre 2018, Ben Ramos, directeur de l’organisation partenaire Peace and Development Group (PDG) aux Philippines, a été tué par balles. Dans certains pays en Amérique latine, les autorités ont essayé d’intimider les partenaires de l’ASTM par le biais de moyens administratifs ou en adoptant des législations qui restreignent et criminalisent leur travail.

La situation de la société civile et des défenseur·e·s des droits humains dans de nombreux pays risque de se détériorer fortement dans le cadre de la crise actuelle. Afin de garantir un environnement sûr de travail pour les DDH, l’ASTM a élaboré une série de recommandations à l’intention du gouvernement luxembourgeois que vous pouvez consulter ci-dessous.

Défendre les défenseurs

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