ASTM News

11
Déc

#DroitHumains et Amérique latine – L’UE doit être la voix de ses valeurs et de ses principes

Le réseau EU-LAT, dont fait partie l’ASTM, a célébré la Journée internationale des défenseur·e·s des droits humains par une lettre ouverte adressée aux autorités européennes sur la détérioration des droits en Amérique latine. Dans cette lettre, nous soulignons notre préoccupation face aux violations des droits en Amérique latine et demandons instamment à l’Union européenne de condamner l’usage excessif de la force par les autorités nationales et de ne pas admettre de limitations aux droits fondamentaux des citoyen·ne·s. La répression n’est pas une réponse aux problèmes sociaux.

L’Union Européenne doit être la voix de ses valeurs et de ses principes.

Lettre ouverte aux autorités sur la détérioration des droits en Amérique latine

La réponse aux conflits sociaux est plus de démocratie et plus de politique, pas la répression.

C’est un fait notoire que l’Amérique latine est en flammes. Ces dernières semaines, les citoyen.nne.s de plusieurs pays ont décidé de se relever et de protester pour réclamer des changements réels dans les systèmes économiques, sociaux, environnementaux et politiques car, comme vous le savez bien, les droits de millions de personnes sont violés, du Mexique au Chili. Cependant, les demandes légitimes des citoyens ont reçu comme réponse la suspension des droits et la répression.  Nous considérons que ces mesures autoritaires ne sont pas la solution aux conflits mais elles représentent un sérieux revers qui met en péril des décennies de construction démocratique.

La dégradation des droits humains dans la région n’est malheureusement ni une nouveauté ni un fait isolé. Les États ont réagi de manière répressive à plusieurs reprises et ce n’est plus seulement le cas dans les pays dont les institutions publiques sont affaiblies, mais aussi dans ceux qui sont considérés par la communauté internationale comme étant solides et stables. Pendant des années, nous avons observé comment, dans ces pays formellement démocratiques, la réactivation des organisations et des acteurs sociaux qui avaient œuvré pour la protection des droits à l’époque des dictatures s’est avérée nécessaire. C’est l’expression d’un recul très grave du système démocratique.

La plupart des conflits sociaux entre les États et la population se déroulent dans le cadre de projets économiques liés à l’extraction et à l’exploitation intensive des ressources naturelles. Des ressources que l’Europe exige en grande quantité dans le cadre des accords commerciaux avec les pays de la région. Parallèlement, comme le soulignent les rapports spécialisés, ce sont les personnes et les collectifs qui travaillent pour la défense  de l’environnement et des territoires qui sont les plus frappés par la criminalisation dans le cadre de ces conflits : comment l’UE et ses États membres donneront-ils réponse à cette problématique?

Il y a un an, le monde commémorait le 20e anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits humains. Les gouvernements et les personnalités publiques se sont précipité·e·s pour célébrer cet événement, en saluant cet instrument qui donne une place de choix aux collectifs et aux personnes qui défendent les droits à travers le monde. Cependant, malgré ce consensus formel, la défense des droits reste une mission à haut risque, en particulier en Amérique latine et surtout en ces jours-ci : le décompte de quelques semaines fait état de dizaines de morts, de milliers de personnes arrêtées et blessés, de leaders sociaux harcelés. Même des pratiques aberrantes telles que les disparitions et la torture ont été dénoncées publiquement.  Tous des actes commis par des agents de l’État.

À partir des années 1970, alors que l’Amérique latine traversait la période funeste des dictatures militaires et que les violations des droits humains devenaient systématiques, les gouvernements et les citoyens européens ont montré des signes très importants de solidarité. Cette solidarité a non seulement sauvé des vies, mais elle a aussi contribué à renforcer les processus et à réaffirmer les valeurs qui ont été consacrées dans les conventions et déclarations internationales relatives aux droits de la personne et qui sont le fondement indispensable de ce que nous considérons comme une vie digne en communauté.

L’heure actuelle nous paraît aussi cruciale et nous considérons que le moment est venu de remettre en cause le modèle actuel de partenariat entre les deux régions et de faire un pas important vers une plus grande cohérence entre les politiques. La priorité centrale de l’UE et des acteurs internationaux, axée sur la croissance économique et l’accroissement des échanges commerciaux, se traduit par une intensification de l’extraction des ressources naturelles en Amérique latine, augmentant ainsi la pression écologique et sociale dans la région. Cela est une source permanente des conflits.

Face à l’actuelle crise sociopolitique et écologique, le réseau EU-LAT exhorte l’Union européenne et ses États membres à promouvoir les droits humains comme toute première priorité dans l’application de leurs stratégies de coopération économique et politique, avec la participation effective de la société civile et des individus et groupes agissant pour la défense des droits.

Nous appelons également l’Union européenne et la communauté internationale à appliquer la “tolérance zéro” face à l’usage excessif de la force par les autorités et à l’application de mesures exceptionnelles qui limitent les droits fondamentaux des citoyens.

Nous refusons d’assister à cet état de choses comme s’il s’agissait d’un événement quotidien auquel nous devons nous habituer : la violation des droits humains n’est pas un fait banal.

 

Vous trouverez la lettre ouverte en espagnol sur https://eulatnetwork.org/eu-lat-eng/open-letter-to-the-european-authorities-about-the-international-day-of-human-rights-defenders/

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